Lundi 22 octobre 2007 Stade Léo-Lagrange de Bondy ( 93)
AS Bondy- Lions de Ménilmontant 0- 3
Marcellin 0-1
Marcellin O-2 ( passe de Jo)
Thomas 0-3 ( passe de Manu)
Voir le site de l'adversaire
Votre devoué serviteur avait eu le nez creux : les Lions ont bien renoué avec le succès lundi soir, par un 3-0 cinglant à l'extérieur en terre dionysienne. Et dire que le
coach avait un instant songé à annuler le match en raison des grèves persistantes dans les
transports.
Immédiatement, un Jo surmotivé avait entraîné ses camarades pour faire pencher la barre en faveur du maintien. Bien lui en a pris. Les Lions sont presque tous arrivés à Bondy avec une bonne demi-heure d'avance, découvrant avec délectation qu'ils étaient reçus en grande
pompe sur une magnifique et vaste pelouse, digne des plus grands clubs européens. Pour nos adeptes du beau jeu, c'était là un bel augure.
Si les premières minutes du match étaient plutôt à l'avantage des locaux, sans qu'il n'y eut vraiment de menace sur la défense bleue, les Lions prirent rapidement l'ascendant : cette fois-ci, ils
étaient rentrés dans le match comme il le fallait, se montraient plus vifs que leurs adversaires et poursuivaient leur effort de cohérence dans la construction du jeu, avec la même organisation
que la semaine passée. Rapidement, le danger se faisait sentir sur la cage des joueurs de Bondy : alternant le jeu court ou les phases éclairs, les Bleus se mirent plusieurs fois en position
d'ouvrir le score dans le premier quart d'heure.
C'était Etienne qui s'offrait la première occasion franche, à l'issue d'un beau mouvement collectif entre Nodé, Bruno puis Yvan sur le côté droit, mais sa tranchante frappe du droit était
détournée par le gardien.
Quelques instants plus tard, l'attaquant bleu avait de nouveau la balle du 1-0 dans les pieds lorsque Nodé héritait d'un ballon ratissé avec autorité par Marcelin sur la ligne médiane, slalomait
entre les milieux verts puis perçait plein fer dans la surface avant de feinter la frappe et glisser le ballon à Etienne, tout seul au point de penalty. Malheureusement, le tir de ce dernier
manquait un peu de sang froid et ne trouvait pas le cadre.
Blessures de Fred et Romain
Pendant ce temps, ce n'était pas les attaques vertes qui inquiétaient le coach, parfaitement muselées par une défense toujours ausssi intraitable mais les pépins physiques de ces joueurs :
Fred abandonnait ses coéquipiers au bout de vingt minutes parfaites de présence physique et de lucidité technique, la cuisse gênée par un vilaine douleur, puis
Romain lui succédait dix minutes plus tard, laché par ses adducteurs. Il faut dire que ce dernier n'avait pas ménagé sa fougue depuis le début de la rencontre : à ses habituelles
courses défensives pour anihiler inlassablement toutes les percées en profondeur des attaquants adverses, il avait ajouté plusieurs rushs successifs sur le front de l'attaque, excité comme un
poussin par les immenses espaces offerts par le vaste pré vert. Sur l'un d'entre eux, après un joli relais avec son capitaine au milieu du terrain, il avait offert un caviar à Yvan qui
s'enfonçait dans la surface mais une nouvelle fois le gardien vert s'était interposé. Puis il s'était lancé dans une accélération aussi impressionnante que folle, où, sur un dribble long, il
avait tenté de reprendre dix mètres au latéral droit adverse. L'action avait failli s'avérer décisive mais c'était l'effort de trop et quelques minutes plus tard, il avait dû rejoindre le banc,
la mort dans l'âme.
Doublé de Marcellin
0-1 et 0-2 Heureusement, les Lions avaient un banc riche ce soir-là et s'étaient déjà mis à l'abri auparavant grâce, par deux fois, à Marcelin : d'abord sur un corner direct diabolique où il avait trouvé la lucarne opposée, sans que les plus perfides des Lions n'osent évoquer une quelconque
réussite involontaire. Puis sur une frapppe à l'extérieur de la surface d'abord contrée par un défenseur, puis sur laquelle le gardien commettait une invraisemblable boulette
avant que ce jeu de billard ne s'achève au fond des filets. Après moultes réflexions, la direction du journal a décidé d'attribuer ce but à Marcelin, rappelant que le foot amateur
a un esprit plus généreux que son homologue professionnel : la frappe n'était certes probablement pas cadrée au départ mais c'est l'intention de marquer que l'on retiendra. Décision qui
fera au passage le bonheur de Jo, auteur de la dernière passe, trop latérale et loin du but aux dires de certains esprits retords mais qui lui permettra de rentrer aussi dans les
statistiques des Lions.
A 2 - 0, le football des bleus continuait de s'épanouir, de manière superbement équilibrée entre l'axe et les côtés : Nodé se régalait à lancer ses ailiers dans l'espace et les corners se
succédaient pour les Lions. Malheureusement, le capitaine léonin se montrait particulièrement maladroit sur la plupart d'entre eux et à l'exception d'un seul où Marcelin tentait, sur un second
ballon, une reprise de volée qui filait dans le ciel, ces coups de pieds de coin n'offraient aucune occasion nette.
Les Lions inscrivaient néanmoins un troisième but par l'intermédiaire d'Yvan qui filait côté droit et marquait dans un trou de souris mais il était refusé pour un hors-jeu dicutable. Cela-dit, il
faut rendre hommage à l'excellente prestation du coach adverse au sifflet: rarement un arbitre maison aura su faire preuve d'autant de probité, s'attirant le respect de tous et les félicitations
répétées des Lions à la fin de la rencontre.
Juste avant la pause, c'était un défenseur qui s'offrait la possibilité d'aggraver le score : Daniel, après avoir remonté le ballon sur le côté droit, était tranquilement allé vigoureusement
poursuivre son chemin au coeur de la surface adverse tandis que le jeu avait basculé côté gauche. Manu et Thomas avait bien combiné et d'un beau centre, le ballon était revenu à destination de
Daniel seul au six mètres. D'une tête plongeante appliquée, le défenseur léonin croyait avoir fait la différence mais le gardien s'était bien détendu pour sortir une nouvelle fois le ballon. Quel
plaisir de voir un défenseur léonin dans la surface adverse sur une phase de jeu non-arrêtée : c'était bien la preuve définitive du jeu collectif retrouvé des Lions.
A la mi-temps, Fred et Romain restaient définitivement sur le banc, Alex sentait le besoin de souffler à son tour, Nodé cédait également sa place et
c'était une équipe totalement inédite dans sa configuration qui reprenait place sur le terrain : en défense, Yvan et Marcelin, qui avait pris courageusement leurs responsabilités, occupaient
l'axe central, Antoine jouait provisoirement milieu défensif dans l'axe tandis qu'Etienne occupait le couloir droit.
Quart d'heure difficile
C'était probablement un peu trop de boulversement pour permettre à l'équipe d'enfoncer le clou et d'en planter encore deux ou trois, que l'on pouvait pourtant espérer à la pause. Il faut dire
également que les Verts revinrent remontés sur le champ de bataille, désireux de sauver leur honneur malmené. Ainsi, pendant un bon quart d'heure, les Lions furent aux abois, incapables de garder
longtemps la balle en leur possession. La raison en était avant tout tactique : la défense bleue, où les quatre hommes maîtisaient techniquement les débats, jouaient néanmoins trop bas et avaient
fait reculer de dix mètres tout le bloc équipe, écartant l'espace entre les lignes, notamment entre le milieu et l'attaque : les milieux défensifs ne pouvaient plus vraiment s'appuyer sur des
attaquants proches d'eux en pivôt pour remonter efficacement le ballon et les Lions étaient retombés d'un coup dans ce travers du jeu trop direct et vertical. Opérant en contre-attaques souvent
vaines, ils voyaient le ballon revenir sans arrêt dans leur camp, comme les vagues inlassables de la marée montante. En revanche, la maîtrise technique restait en leur faveur et pas une seule
fois, la défense ne fut pris en défaut, Djino continuant de s'ennuyer dans les buts, à l'exception de quelques ballons aériens sur lesquels il s'imposait avec maestria.
Au bout de ce quart d'heure difficile, le coach mettait fin à cette fantaisie organisationnelle : Alex reprenait sa place dans l'axe de la défense aux côtés de Marcelin, Nodé rejoignait le milieu
du terrain et Antoine le côté droit. A nouveau, les Lions jouèrent un peu plus haut et la liaison milieu-attaque reprit des couleurs. Bruno se faisait plaisir sur une lourde frappe lointaine
malheureusement non cadrée (ce qui n'échappait pas à la sagacité de Marcelin) et, la fatigue de l'adversaire aidant, les espaces s'ouvraient pour les offensives léonines. Une nouvelle série
d'occasion devaient ainsi fleurir dans les vingt dernières minutes : Jo, sur son côté, posait des problèmes insolubles à son vis à vis qui ne parvenait pas à lui prendre le ballon, et lançait à
plusieurs reprises Manu sur le côté gauche. Prenant une fois le dessus sur le latéral adverse, ce dernier parvint à remettre le ballon dans l'axe d'une belle passe que Nodé laissait subtilement
passer entre ses jambes, mettant Antoine sur orbite de l'autre côté de la surface. Celui-ci contrôlait et adressait une superbe frappe travaillée qui frôlait la lucarne. Rageant tant l'action
était belle et tant un troisième but aurait rendu nos Lions sereins.
D'autant plus qu'après cette occasion, les Lions ne passait pas loin du coup dur. Marcelin était parti couper une offensive adverse le long de la ligne de touche et adressait une passe imprudente
en retrait à Yann qu'un attaquant vert interceptait. Celui-ci filait alors vers le but et délivrait une frappe sêche partie pour faire mouche.
Djino, de la race des grands gardiens
Mais le propre des bons gardiens est d'être décisifs sur les rares arrêts à accomplir. Djino rappelait alors, s'il en était encore
besoin, qu'il fait partie de ceux-là, en repoussant, d'une belle détente et les mains fermes, le ballon avec autorité. Cela devait être en tout cas la seule occasion franche des verts au cours
des qutre-vingt-dix minutes. JB et Daniel, sur les côtés, avaient livré un match plein de rigueur et de présence physique comme de justesse dans les passes et avaient contraint l'adversaire à
revenir dans l'axe où les Romain, Alex Yvan, Marcelin et Bruno leur avaient sytématiquement coupés l'herbe sous le pied, rendant le problème quasiment insoluble pour l'adversaire.
Après cette demi-frayeur, les dix dernières minutes allaient permettre aux Lions de prendre le large. Manu continuait son travail de sape sur le côté gauche et retrouvait Thomas en retrait qui
alertait Nodé à 25 m du buts. Ce dernier envoyait alors Etienne déborder sur le côté droit de la surface dont le centre parfait ne trouvait malheusreusement pas preneur, Thomas ayant oublié de
venir se placer au second poteau. Puis le capitaine léonin héritait d'un ballon dans le rond central et, voyant la défense verte remonter, adressait un ballon plein champ à destination d'Antoine
dont l'appel parfait avait déjoué le piège du hors-jeu. Un peu appuyée, la passe permettait malheureusement au gardien vert de sortir de sa surface et de devancer Antoine de justesse. Tandis que
les deux protagonistes se heurtaient, le ballon revenait dans les pieds de Manu qui, d'une jolie frappe enroulée, trouvait le cadre. Le but était malheureusement refusé, l'arbitre jugeant
qu'Antoine avait fait faute dans le choc.
Manu et Thomas achèvent Bondy
0-3 Mais l'occasion suivante devait être la bonne : reprenant un dégagement adverse, Nodé alertait Manu de la tête sur le côté gauche,
qui résistait au latéral adverse et attirait à lui le libéro avant de délivrer une passe magnifiquement dosée au coeur de la surface où Thomas s'était bien positionné. D'un plat du pied
magistral, Thomas reprenait le ballon sans contrôle, qui fusait hors de portée du gardien et secouait les filets adverses. A 3-0 la messe était dite, la victoire prenait une forme
accomplie mais les Lions ne s'en contentait pas : il faillit bien y avoir 4 - 0 lorsque Nodé recevait un ballon bien récupéré par Antoine sur la droite et bénéficiait d'un bon écran de Thomas aux
trente-cinq mètres pour prendre de vitesse la défense verte et filer vers les buts. A bout de course et tenaillé par les crampes, il tentait un tir croisé piqué, oubliant de regarder au second
poteau où Etienne avait fait l'effort de suivre sa course endiablée. Le cuir filait au-dessus des buts pour un beau gâchis. Qu'en tant que coach, il ne manqua pas de tancer, engendrant un
douloureux dialogue schyzophrénique rendu ontologiquement inévitable par le cumul de ses fonctions.
L'essentiel, néanmoins, était fait et la rencontre se terminait donc sur une belle victoire et un bilan élogieux : une bonne dizaine d'occasions dont trois concrétisées, une seule occasion
concédée pour aucun but encaissé. La saison des Lions semble définitivement lancée.