Paris XX° - Lions de Ménilmontant : 2 -2
Manu
Romain (passe de Nodé)
C'est à quelques minutes près que les Lions ont échoué lundi soir dans la conquète de la deuxième place du classement, concédant, dans les derniers instants du match, le nul face à
Paris XX°. Les deux équipes se sont séparés, comme elles en ont pris l'habitude depuis trois ans, sur un score de parité assez logique. Pourtant, les regrets sont légitimes pour les hommes de
Nodé, passés tout près d'un 3-0 qui aurait sans nul doute clos le destin de la rencontre. Cela-dit, on ne se plaindra pas du résultat tant cette rencontre s'annonçait bien mal
: le coach n'avait enregistré aucun retour de l'infirmerie, qui avait accueilli en sus Benoît la semaine passée, JB et Antoine annonçaient au dernier moment leur défection et condamnaient un
Bruno malade à chausser courageusement les crampons. Même douloureuse décision pour Nodé, blessé, qui s'apprêtait tranquillement à coacher son équipe depuis le banc de touche mais, en raison du
faible effectif, devait se rendre à l'évidence et rejoindre ses coéquipiers sur le pré vert.
Pour une fois, les Lions n'étaient pas les plus mal lotis, puisque Paris XX° se présentait sur le terrain à 9 et permettait à son aversaire de poser
très sereinement son jeu pendant les dix premières minutes avant l'arrivée des deux derniers titulaires verts et d'un remplaçant. Opportunément les Lions avait profité de cette aubaine pour
prendre l'avantage au score : la modification tactique du coach, plaçant Charles en milieu axial et décalant Fred sur le côté avait permis aux bleus de varier davantage leur remontée de balle et de faire tourner efficacement le ballon. Le jeu à trois mettait à mal l'équipe adverse qui souffrait évidemment largement de son infériorité numérique et à l'issue d'une belle combinaison entre Charles,
Thomas et Manu, ce dernier débordait sur l'aile gauche puis centrait. Le ballon était contré mais revenait dans les pieds de l'ailier bleu qui décochait alors soudainement, dans
une position très excentrée, un tir diabolique qui achevait son vol dans la lucarne opposée. Du grand art. 0-1
Fort de cet avantage au score, et malgré les renforts qui portaient l'effectif adverse à onze, les Lions poursuivaient leur domination. La
complémentarité de Bruno et Charles faisait merveille malgré la fièvre qui pénalisait le premier et Fred et manu offraient des solutions intéressantes sur les côtés. Nodé parvenait tout de même à
accélérer de temps en temps malgré ses adducteurs douloureux. Une première fois, le capitaine léonin faussait compagnie au libéro adverse pour centrer en retrait à destination de Thomas mais la
balle échappait avant-centre bleu, et à Manu derrière lui. Puis Romain effectuait une première montée où, relayé par une jolie talonnade de Nodé, il parvenait à filer sur l'aile. Pour une
fois, un appel au premier poteau permettait d'embarquer la défense et de démarquer Fred en retrait, ce qui n'échappait pas à la sagacité de Romain qui lui adressait alors un centre idéal. Un
peu en bout de course, Fred vrillait malheureusement son plat du pied droit. Mais ce n'était que partie remise pour Romain. Sur un de ses dégagements, Nodé parvenait à
contrôler le ballon malgré la charge du latéral adverse puis accélérer. Il évitait dans sa course un tacle assassin et plongeait dans la surface où le gardien venait à sa rencontre. Juste avant
d'être fauché par les deux pieds de ce dernier, il transmettait sur sa gauche le ballon à Romain qui avait bien suivi son action. Le libéro bleu n'avait alors plus qu'à contrôler et placer
sereinement le ballon au fond des buts. 0 - 2.
Pendant ce temps là, Paris XX° n'avait pas montré grand chose offensivement. Leur attaquant, terriblement vif et démoniaque dribbleur, était
parfairement jugulé par Ivan et Romain, tandis que Daniel et Mamadou bloquaient bien les côtés. Mais il fallait rester vigilant : le libéro adverse se muait fréquemment en meneur de jeu en
montant rapidement malgré ses 120 kgs pour créer le surnombre au milieu voire dans la surface. Cependant, jusqu'au dernier quart d'heure, les Lions ne seraient jamais pris en défaut, contraignant
l'adversaire à frapper de loin, parfois de belle manière : ainsi, une frappe de l'extérieur déclenchée à 25 m venait flirter avec l'angle gauche des buts de Djino, qui passait une soirée
bien tranquille jusque-là, anticipant parfaitement les ouvertures adverses pour se saisir du ballon et soulager efficacement sa défense.
La deuxième partie du match devait d'abord renforcer les espoirs léonins d'une victoire supplémentaire : à trois ou quatre reprises, ils allaient
frôler le but du KO. C'était d'abord sur une récupération haute de Bruno qu'une action collective s'épanouissait sur la droite du terrain, où Fred et Nodé combinaient rapidement pour porter
le danger devant la surface. Nodé y trouvait Thomas qui, d'un superbe crochet, s'ouvrait l'espace et tentait une frappe du gauche directement sur le gardien. Alors que Manu était tout seul
à sa gauche, attendant l'offrande d'un doublé presque tout fait...Quelques instants plus tard, une première vague léonine était repoussé par la défense adverse mais le ballon revenait dans les
pieds de Charles au quarante mètres : The Rock s'avançait un peu puis adressait une merveilleuse ouverture à Nodé qui avait déjoué le piège du hors-jeu et filait sur la gauche de la surface. Il
parvenait à devancer de justesse le portier adverse qui sortait vite et adressait du bout du pied un petit lob, qui retombait cruellement juste au-dessus de la barre. Cette minute du
match fut la plus décisive : à quelques centimètres près, les Lions ne prenaient pas le large, et dans l'action qui suivait, ces quelques centimètres manquèrent aussi Djino pour s'emparer du
ballon sur un centre aérien de l'attaqua adverse. ll ne parvenait qu'à le repousser légèrement et le libéro adverse profitait de l'aubaine pour réduire le score. 1 - 2
A partir de cette minute de folie, le match devait changer d'âme. Le placement défensif des Lions perdait de sa rigueur, notamment sur les ailes où
Mamadou abandonnait désormais trop souvent son poste de latéral, Manu son couloir droit, Fred et Charles leurs tâches défensives, offrant à un Paris XX° requinqué de nombreuses possibilités
d'égaliser : les situations chaudes se multipliaient dans la surface léonine où Romain et Ivan devaient fréquemment dégager en catastrophe, concédant de fréquents corners. Au milieu, un Bruno
esseulé voyait régulièrement les verts en supériorité numérique et malgré tout son courage, ne parvenait plus à endiguer leurs offensives. Néanmoins, les Lions n'étaient pas sevrés d'occasions :
Romain faisait encore parler la poudre sur une montée tranchante où son relais avec Fred lui permettait de percer dans la surface mais oubliait Thomas tout seul à sa gauche pour tenter une frappe
difficile que le gardien arrêtait. Dommage. Les offensives léonines, favorisées par le placement trop haut des ailiers léonins et par un adversaire qui se découvrait de plus en plus pour revenir
au score, continuaient de s'épanouir sur les côtés où Nodé manquait malheureusement deux fois de précision dans des centres pourtant faciles. Sur un corner, Manu trouvait la tête du grand Charles
qui faisait sentir le vent du boulet à la défense adverse. Haut dessus. Puis Nodé, bien lancé par Daniel, se lançait dans une action individuelle au cours de laquelle, il mettait dans le
vent le libéro adverse d'un contrôle orienté pour filer vers la surface, poursuivi par deux défenseurs verts dont il contenait le retour mais, à bout de force, légèrement déséquilibré par un
contact probablement licite, s'écroulait avant de frapper aux buts. Frustrant. Une belle frappe de Bruno, alerté en retrait par Manu à l'entrée de la surface, prenait ensuite le chemin des
filets mais, dans une magnifique parade, le portier adverse sauvait les siens. Rageant.
Dans les dernières minutes, l'hallali adverse se précisait. Les Lions, un peu à la peine physiquement, et toujours mal placés au marquage
récupéraient miraculeusement une touche après plusieurs tentatives adverses successives. Daniel adressait une longue touche à Nodé qui parvenait le long de la ligne à se retourner mais se
retrouvait enfermé entre trois joueurs . Manquant un peu de lucidité, il ne pensait pas à chercher une nouvelle touche, tentant à la place un dribble difficile et se faisait chiper le
ballon qui revenait sur 30 m par une action ultra rapide au milieu de joueurs bleus dépassés, dans la surface où le n°9 adverse prenait Ivan en défaut pour tromper ensuite Djino d'un
tir croisé. A une minutes du coup de sifflet final. 2 - 2. Les Lions pouvaient se prendre la tête à deux mains, à commencer par leur capitaine qui se souvenait du Ginola de
France-Bulgarie en 93. Avec le recul, ce match nul, aussi regrettable qu'il soit, y compris du point de vue comptable, est néanmoins logique et plutôt encourageant : les erreurs de placement sont
à mettre sur le compte du repositionnement tactique des joueurs, choisi ou contraint par les blessures des autres, à qui il faudra encore un peu de temps pour trouver rigueur et automatismes.
mais l'animation offensive et la relation milieu-attaque aura montré une tout autre expression que lors des matchs précédents. Les prochaines rencontres, face à des adversaires a priori moins
coriaces que Paris XX°, à domicile qui plus est, devraient, nous l'espérons, en apporter la confirmation.